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Radars automatiques : la nouvelle génération arrive

, par Fanch

Depuis le début décembre, de nouveaux radars automatiques sont installés sur le bord des routes. Plus petits, plus performants, ils sont aussi pilotables à distance. La polémique sur les voies de recours aux PV automatiques, elle, demeure.

Ils débarquent, ils sont là. Depuis le début de ce mois de décembre, les pouvoirs publics français installent les radars automatiques de deuxième génération au bord des routes de l’Hexagone. Avec une grande nouveauté : la possibilité de les piloter à distance.

En cas de conditions climatiques difficiles ou d’alerte à la pollution, les autorités pourront, sans intervention sur le site, modifier la vitesse déclenchant le flash. Ainsi en cas de pluie sur autoroute, le radar se déclenchera à 110 km/h et non plus 130 km/h. Les dysfonctionnements peuvent également être diagnostiqués, et éventuellement corrigés, à distance.

Plus petits, ces nouveaux radars peuvent aussi être installés dans des endroits jusqu’ici impossibles, tels certains terre-plein centraux. Selon la Sécurité routière, ils seront plus simples à régler et plus efficaces dans la prise de vue, grâce à une caméra dotée d’une meilleure résolution.

Il devrait y avoir 560 de ces nouveaux modèles sur le total de 1000 radars - fixes et mobiles - mis en place d’ici à la fin de l’année 2005, au rythme de 30 nouveaux appareils par semaine. Coût total de l’opération : 185 millions d’euros. La France comptera donc d’ici à la fin de ce mois de décembre, 600 radars (240 fixes et 160 embarqués).

Selon Le Parisien, les radars automatiques, en service depuis l’automne 2003 , affichent un bilan de 1,5 million de procès-verbaux pour près de 100 millions d’euros. Les amendes ont rapporté 1,2 milliard d’euros à l’Etat en 2004. Et les accidents ont baissé de 85 % dans les zones où les radars sont implantés indique la Sécurité routière.

Le médiateur de la République juge la voie de recours injuste et illégale

L’Automobile club Action Plus (ACA+) - qui regroupe plusieurs automobiles clubs d’Ile-de-France, d’Alsace-Vosges, de Franche-Comté... -, membre de la Fédération française des automobiles clubs, voit plutôt d’un bon oeil l’arrivée de cette nouvelle génération de radars administrables à distance. Mais il conserve des griefs à l’encontre « de la chaîne contrôle-sanction » .

Christian Scholly, directeur juridique de l’ACA+, rappelle que 25 à 30 % des flashs réalisés n’aboutissent pas. Echappent en effet aux sanctions les motos, qui n’ont pas de plaques à l’avant, et les automobilistes étrangers (un accord est toutefois en cours de négociation avec le Luxembourg). De fait, automobilistes et routiers français s’avèrent actuellement être les seuls concernés par les radars automatiques.

« Ce sentiment d’injustice » est renforcé par le fait que la procédure de recours est rédhibitoire, que ce soit à cause de la complexité du formulaire de requête ou de la consigne de 135 euros, exigée (et débitée) pour avoir le droit de contester.

Le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye, a lui-même jugé ce mercredi matin, dans un entretien au journal Le Parisien , que le système de contestation des amendes est « injuste » voire même « illégal » . Il réclame une amélioration des formalités de recours. « La procédure est beaucoup trop complexe pour permettre à chaque citoyen d’assurer son droit à la défense », a expliqué Jean-Paul Delevoye, qui demande un « formulaire de recours unique et simple pour contester les amendes ».

[source - 01net.com] Guillaume Deleurence