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Premières propositions pour l’émergence de la vidéo à la demande légale

, par Fanch

Paiement à l’acte, rémunération directe des ayants droits, pré-achat des films... L’industrie du cinéma français dévoile ses premières propositions aux fournisseurs d’accès en matière de VOD.

Les fournisseurs d’accès (FAI) et nombre d’organisations de l’industrie cinématographique, dont l’ARP (société civile des Auteurs-réalisateur-producteurs) et la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques) et le SEV (Syndicat de l’édition vidéo), se sont réunis le 24 novembre sous l’égide du CNC (Centre national du cinéma) dans le cadre de la lutte contre le piratage en ligne.

A cette occasion, les représentants de l’industrie cinématographique française a présenté cinq propositions aux FAI pour développer des offres de vidéo à la demande (VOD) : réserver les offres VOD aux seuls réseaux sécurisés ; paiement uniquement à l’acte (et non au forfait) ; rémunération des ayants droits à chaque téléchargement ; pas de publicité autour du film avant sa commercialisation en VOD ; et participation à la production (pré-achat) par les FAI au-delà d’un certain volume de chiffre d’affaires.

"Nous attendons de recevoir un document qui formalise les propositions avant de les examiner sérieusement et faire des contre-propositions de notre côté", annonce Stéphane Marcovitch, délégué générale de l’AFA (Association des fournisseurs d’accès français). S’il est encore "un peu tôt pour se lancer", les FAI s’interrogent déjà sur l’intérêt d’imposer des régimes distincts à la VOD et la vente de vidéo physique. "Dans tous les cas, c’est de la vidéo", soutient Stéphane Marcovitch.

La commercialisation des cassettes VHS et DVD est autorisée six mois après la sortie cinéma du film. Pour la VOD, les professionnels du cinéma auraient proposé de fixer une fenêtre d’exploitation neuf mois après la première diffusion de l’oeuvre cinématographique sur les grands écrans.

Un bon départ

Malgré les divergences d’intérêts qui pointent leur nez, cette rencontre est "un bon départ", concède le porte-parole de l’AFA. Les discussions sont donc plus sereines qu’avec l’industrie du disque. Et plus fréquentes. "L’urgence est claire", prévient Stéphane Marcovitch, "les risques sont réels, notamment pour le secteur de la vidéo." Surtout avec le développement de l’ultra haut débit (ADSL 2+) attendu pour 2005. La fréquentation des salles ne serait cependant pas (trop) touchée par les échanges de longs métrages sur les réseaux P2P. C’est plutôt le marché de la vidéo qui est en première ligne.

Avec 160 millions d’entrées au 1er novembre 2004, les salles françaises enregistrent une fréquentation record en hausse de plus de 18 % par rapport à 2003. Selon le SEV, les ventes de DVD et VHS ont connu une baisse de 16 % en valeur au premier trimestre 2004 par rapport à la même période l’an dernier. Le marché de location chute, lui, de 22 %. "Il est probable que ce sont là les premiers effets de l’augmentation très forte de la piraterie sur Internet qui touche dorénavant ce secteur", avance le SEV sur son site Web.

[source - vnunet.fr] Christophe Lagane