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Un dirigeable-ULM électrique capable de traverser l’Atlantique

, par Fanch

Une société iséroise, la Compagnie des dirigeables électriques, est en train de créer une série de dirigeables qui doit déboucher sur un engin mu par des moteurs électriques capable en 2006 de faire traverser l’Atlantique à 2 hommes en moins de 8 jours.

L’un des responsables de la firme, Jean-Pierre David, explique : "Dans le monde, il y a beaucoup de recherches sur les très gros dirigeables, donc très chers, capables de transporter de fortes charges, et qui nécessitent la construction de gros hangars". "Nous faisons le pari inverse en construisant de petits dirigeables complètement silencieux qui auront des applications simples comme la surveillance, le tournage de films, la recherche scientifique, la cueillette sur les arbres...", ajoute-t-il.

Un des créateurs de la compagnie est un autodidacte, Pierre Chabert, qui a eu l’idée d’insérer des systèmes d’éclairage puissants dans des ballons gonflés à l’hélium. M. Chabert a créé en 1994 dans la banlieue grenobloise la société Airstar pour fabriquer ces ballons qui ont connu un succès immédiat pour éclairer les plateaux de cinéma (comme ceux du film "Titanic") ou les chantiers de travaux public.

Airstar emploie actuellement 60 salariés et réalise un chiffre d’affaires de 4,2 M EUR dont 80% à l’exportation.

A la demande du cinéma, M. Chabert a inventé un premier dirigeable de 11 m de long contenant 70 m3 d’hélium capable de transporter une caméra de 35 mm télécommandée. Puis il a eu l’idée d’en fabriquer un plus grand, capable de transporter un homme suspendu sous l’engin.

En février 2004, il a créé avec son ami Jean-Pierre David la Compagnie des dirigeables électriques, hébergée dans l’usine Airstar de Champ, près de Froges (Isère). Elle profite sur ce site de l’expérience d’Airstar dans la confection des enveloppes des ballons. C’est là que les deux hommes finissent actuellement de mettre au point un prototype de dirigeable de 18 m de long, large de 5,20 m contenant 250 m3 d’hélium.

L’aéronef, capable d’emporter 150 kg dont 60 kg de batteries haute performance pour les moteurs électriques, effectuera son premier vol lors d’un séminaire sur les dirigeables les 4 et 5 juin à Royan (Charente-Maritime).

Avec ses batteries ayant une autonomie de 6 heures, ce dirigeable aura une vitesse de 16 km/h.

La recherche sur les dirigeables en France s’explique aussi par une loi de 1998 qui classe les aérostats motorisés transportant un maximum de 2 personnes dans la catégorie des ULM, qui n’ont pas besoin d’être certifiés par l’aviation civile, explique M. David.

L’engin présenté à Royan sera suivi par la construction d’un dirigeable de 500 m3, qui sera la dernière étape avant la construction d’un dirigeable de 1.200 à 1.500 m3, mu par 5 moteurs électriques alimentés par piles, qui devrait avoir une vitesse de pointe de 90 km/h, capable de traverser l’Atlantique à basse altitude entre 5 à 8 jours.

"L"hélium est un gaz non inflammable, non toxique, et cher, mais une fois que le dirigeable est gonflé, cela ne coûte presque rien pour se déplacer. Avec un euro, on fait 60 km", précise M. Chabert.

"On pense vendre nos engins mais on proposera aussi des prestations, car il n’y a pas d’endroit pour apprendre à piloter un dirigeable. On aimerait avoir une flotte de 4 ou 5 dirigeables dans tout le pays et proposer nos services", ajoute-t-il.

[source - yahoo.com] (AFP)