[]

L’Irak poursuit les destructions de missiles, les ressortissants russes quittent le pays

, par Fanch

A la veille de la présentation d’un nouveau rapport des inspecteurs en désarmement devant le Conseil de sécurité de l’ONU, l’Irak prévoyait jeudi la destruction de six missiles Al-Samoud 2 supplémentaires. Mais des centaines de ressortissants russes ont déjà choisi de quitter le pays dans l’éventualité d’une guerre.

Selon un porte-parole de l’ambassade de Russie à Bagdad, "près de 600" citoyens russes partaient jeudi à bord de deux vols charter. Il n’a pas voulu donner d’autres détails.

Trois charters à destination de Moscou étaient annoncés jeudi au départ de l’aéroport international Saddam et des centaines de Russes avaient pris place dans la salle d’attente, selon des témoins. Les journalistes ont été invités à ne pas se rendre à l’aéroport.

A Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères a fait savoir que le ministère des Situations d’urgence allait procéder à l’évacuation des personnels russes et de leurs familles d’ici dimanche, selon l’agence de presse russe Interfax. Mais l’ambassade russe doit demeurer en activité. Des centaines de Russes et d’Ukrainiens ont déjà quitté l’Irak ces dernières semaines.

Les experts en désarmement de l’ONU sont retournés jeudi au complexe militaire Al-Taji, au nord de Bagdad, pour surveiller la destruction des missiles Al-Samoud 2, dont la portée dépasse le seuil autorisé par l’ONU.

Selon une source au ministère irakien de l’Information, six nouveaux missiles devaient être détruits jeudi, ce qui porterait à 34 le nombre d’Al-Samoud 2 éliminés depuis samedi, sur un stock estimé à une centaine.

Des inspecteurs ont également été vus jeudi à Al-Aziziya, un ancien héliport à 100km au sud-est de Bagdad, où les autorités irakiennes affirment avoir détruit en 1991 157 bombes R-400 équipées d’armes biologiques. Les experts supervisent les exhumations de ces bombes et prélèvent des échantillons des liquides qui se sont répandus à l’intérieur de celles toujours intactes afin de vérifier qu’elles contiennent comme l’affirme Bagdad, des agents biologiques, bacille du charbon, aflatoxine et toxine botulique.

Sur ce site, les Irakiens ont creusé une fosse à l’endroit où ils disent avoir enterré à la même époque des stocks de bacille du charbon et de gaz neurotoxique VX. Les autorités ont demandé aux inspecteurs d’analyser le sol afin d’établir la véracité de leurs dires.

Mais les inspecteurs restent toutefois sceptiques sur les possibilités de vérification. "Si on a renversé du lait sur le sol il a dix ans, et qu’on analyse ensuite le sol (...) il pourrait se révéler difficile de dire si on avait renversé un ou deux litres ou cent", a noté le chef de la Commission de contrôle, de vérification et d’inspection des Nations unies (COCOVINU), le Suédois Hans Blix.

Enfin, les inspecteurs ont visité jeudi deux usines de missiles, une firme d’ingénierie militaire et une compagnie gazière dans le nord de l’Irak, selon le ministère irakien de l’Information.

De leur côté, des appareils alliés ont attaqué tôt jeudi un système mobile de missiles sol-air et une batterie anti-aérienne à 390km à l’ouest de Bagdad, selon le commandement central américain qui précise que les positions irakiennes menaçaient les avions américains et britanniques.

Hans Blix, qui doit remettre vendredi un nouveau rapport sur l’Irak au Conseil de sécurité, estime désormais que l’Irak a entamé "un début de vrai désarmement" et souhaite disposer de plus de temps pour les inspections, selon l’hebdomadaire "The European Voice" paru jeudi.

D’après le journal basé à Bruxelles, Hans Blix aurait confié mardi à New York à des membres du Parlement européen que la destruction des missiles Al-Samoud 2 est "un début de vrai désarmement". "Il est trop tôt pour fermer la porte et si du temps supplémentaire est donné aux inspecteurs, je m’en féliciterai."

[source - yahoo.com]