Les deux premiers mois de M. Proglio ont été marqués par la polémique sur sa double casquette et par celle qui l’a opposé à Anne Lauvergeon, la présidente du directoire du groupe nucléaire Areva, sur le pilotage de la filière nucléaire française.
Ces sujets ont remisé au second rang le plus gros dossier, le débat sur la loi "NOME", celle-ci prévoit une "nouvelle organisation du marché de l’électricité".
Le patron d’EDF est très hostile à un projet qui affaiblira son groupe.
Sous la pression de la Commission européenne, la France va renforcer la concurrence dans l’Hexagone, où EDF détient encore 95 % des parts de marché.
Mi-septembre 2009, le premier ministre, François Fillon, a écrit à la commissaire à la concurrence, Neelie Kroes, pour indiquer qu’il allait prendre une mesure radicale : "Permettre à tous les fournisseurs d’électricité en France de s’approvisionner auprès d’EDF aux conditions économiques du parc nucléaire historique."
En clair, autoriser GDF Suez, Poweo ou Direct Energie à acheter à bon prix une partie de ses kilowattheures.
Cette réforme doit entrer en vigueur le 1er juillet 2010.
C’était la condition pour que Bruxelles mette fin à certaines procédures contentieuses, notamment celle qui vise à condamner la France pour le maintien des tarifs réglementés (fixés par l’Etat).
Quelle part de production nucléaire EDF devra-t-il céder : 25 % ?
Jean-Louis Mathias, directeur général délégué d’EDF, estime que "cette loi sera la plus importante pour l’organisation du secteur électrique en France depuis 1946", année de la création d’EDF.
Une déclaration neutre qui cache, en fait, l’inquiétude des dirigeants du groupe.
Dès sa nomination, M. Proglio a fait savoir que le projet « issu des travaux de la commission ad hoc dirigée par Paul Champsaur » ferait peser une lourde hypothèque sur les comptes et la valeur même de son groupe.
Je ne vois pas de raison de permettre à des opérateurs qui n’ont pas investi et qui n’assurent pas les risques d’exploitation de nos centrales d’acquérir l’électricité produite par EDF à son prix de revient, écrivait-il en janvier à ses actionnaires.
Les tarifs de l’électricité devront être augmentés pour financer les investissements d’EDF, mais la réforme risque d’accentuer le mouvement.
En isolant l’activité nucléaire, c’est sa filialisation que redoutent les syndicats.
Et vendre de l’électricité à bon prix aux concurrents pourrait les inciter à moins investir, faisant reposer la charge de la construction des nouvelles infrastructures sur l’opérateur public, soulignent la direction comme les syndicats.
Fanch
[Source Reuters][Source AFP][Source lemonde.fr][Source La Tribune][Source Les Echos][Source service-public.fr][Source Leparisien][Source macplus.net][Source planet-sansfil.com][Source geeek.org][Source branchez-vous.com][Source securiteoff.blogspot.com][Source spyworld-actu.com][Source ZDNet France][Source silicon.fr][Source PCINpact][Source maxiapple.com][Source generation-nt.com][Source numerama][Source Blogs Yahoo ! Music][Source LesInfos.com][Source Rue89][Source zataz.com]
Destinationcyber.Com - Le magazine du cyber monde