Le niveau de l’accident de la centrale de Fukushima passe de 5 à 7
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Mardi 12 avril 2011, l’Agence japonaise de sûreté nucléaire (NISA) a relevé le niveau de l’accident de la centrale de Fukushima de 5 à 7, soit le plus élevé de l’échelle internationale des événements nucléaires et radiologiques (INES).
Ce nouveau classement place ainsi la catastrophe japonaise au même degré de gravité que celle de Tchernobyl.
Au lendemain du séisme et du tsunami qui ont ravagé le nord-est du Japon, le 12 mars, la NISA avait classé l’accident niveau 4, avant de finir par le relever d’un cran, le 24 mars, indiquant ainsi un "accident ayant des conséquences étendues, hors du site".
Un classement contesté par l’Agence de sûreté nucléaire française (ASN), qui a de son côté, le 15 mars, qualifié la catastrophe d "accident grave" de niveau 6, c’est-à-dire intermédiaire entre Three Mile Island, aux Etats-Unis, et Tchernobyl.
Avec la décision de mardi, les autorités japonaises vont encore plus loin, en parlant d "accident majeur" de niveau 7, ce que l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) décrit comme un "rejet majeur de matières radioactives entraînant des effets considérables sur la santé et l’environnement, nécessitant une mise en œuvre des contre-mesures prolongées".
Jusqu’à présent, seule la catastrophe de Tchernobyl de 1986 a été classée au sommet de l’INES par l’AIEA.
Selon un responsable de l’agence japonaise, la décision de revoir la gravité de l’accident à la hausse a été prise "sur la base des mesures d’iode et de césium relevées dans l’environnement". "Nous allons continuer de surveiller la situation. C’est un niveau provisoire", a-t-il précisé.
En dernier mot, ce sera à l’AIEA de décider du classement final de l’accident.
Dans l’accident de Tchernobyl, c’est une réaction en chaîne non maîtrisée qui a provoqué un emballement du réacteur et donc sa surchauffe, conduisant à une explosion de vapeur ou d’hydrogène.
Celle-ci a libéré des produits de fission, propulsés jusqu’à plus de 3 000 mètres dans l’atmosphère, qui ont ensuite contaminé une grande partie de l’Europe.
A Fukushima la réaction en chaîne s’est arrêtée automatiquement au moment du séisme et la puissance avec laquelle les produits de fission sont libérés est beaucoup plus faible.
Les populations ont par ailleurs été évacuées avant les principaux rejets radioactifs, dans un rayon de 20, 30 puis aujourd’hui 40 km autour du site, et des mesures de confinement, puis de restrictions alimentaires ont été prises.
Surtout, les multiples tentatives avortées pour parvenir à refroidir de manière pérenne le cœur des réacteurs « et éviter une fusion totale et les piscines de combustibles afin d’empêcher la poursuite des émissions radioactives » en font un accident majeur.
Dans les jours qui ont suivi le séisme, la centrale de Fukushima a en particulier libéré jusqu’à 10 000 térabecquerels d’iode 131 par heure, l’un des plus dangereux éléments radioactifs.
Mais l’essentiel de cette radioactivité a été émise entre les 15 et 17 mars, lors des dégazages volontaires et explosions d’hydrogène.
Fanch
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